Civitas - Organisation | Relations, sources et contexte
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Civitas
Civitas, officiellement connu sous le nom d’Institut Civitas ou France Jeunesse Civitas, est un mouvement politique et religieux français fondé en 1999. Il se présente comme un "lobby catholique traditionaliste" et affiche pour objectif la "restoration de la royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ" et la "rechristianisation" de la France. Civitas s’inscrit dans la lignée de la Cité catholique, un mouvement créé après la Seconde Guerre mondiale par Jean Ousset, un ancien partisan du régime de Vichy et disciple de Charles Maurras, figure majeure de l’Action française, un mouvement nationaliste, royaliste et antisémite.
Mis à jour le 16 avril 2026
Idéologie : Traditionalisme, intégrisme et nationalisme
Catholicisme intégriste : Civitas rejette les réformes du concile Vatican II et prône un retour à une vision préconciliaire de l’Église, notamment en défendant la messe en latin et en s’opposant à la liberté de conscience des croyants. Le mouvement est proche de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, elle-même connue pour son rejet de Vatican II et son traditionalisme radical radiofrance.fr+2.
Nationalisme et souverainisme : Civitas défend une vision de la France comme une "nation chrétienne", opposée à l’immigration, au multiculturalisme et à la laïcité. Le mouvement milite pour le rétablissement du catholicisme comme religion d’État, l’interdiction de l’avortement et du mariage pour tous, ainsi que la sortie de l’OTAN et la suppression de l’impôt sur le revenu tf1info.fr+1.
Antisémitisme et islamophobie : Civitas a été accusé à plusieurs reprises de promouvoir des thèses antisémites et islamophobes. Lors de son université d’été en 2023, l’essayiste Pierre Hillard y a tenu des propos antisémites, suggérant de "retrouver la situation d’avant 1789" (c’est-à-dire avant l’émancipation des Juifs en France). Ces déclarations ont conduit à la dissolution du mouvement par le gouvernement français en octobre 2023. Civitas a également organisé des rassemblements en hommage à des personnalités emblématiques de la collaboration pendant la Seconde Guerre mondiale liberation.fr+3.
Liens avec l’extrême droite et l’ultra-droite
Proximité idéologique et historique : Civitas est considéré comme un héritier direct des mouvements nationalistes et traditionalistes de l’entre-deux-guerres, notamment de l’Action française et de la Cité catholique. Son président, Alain Escada, est un ancien militant d’extrême droite belge, proche du Front nouveau de Belgique (FNB), un parti nationaliste et antisémite en.wikipedia.org+1.
Alliances et actions communes : Le mouvement entretient des liens avec d’autres groupuscules d’extrême droite, comme le Renouveau français (pétainiste) ou des organisations identitaires. Civitas a participé à des manifestations conjointes avec des mouvements comme Génération identitaire (dissous en 2021) et a été soutenu par des figures de l’extrême droite, comme Marion Maréchal ou des élus du Rassemblement National fr.wikipedia.org+1.
Passerelles militantes et liens idéologiques au sein de la frange la plus dure du catholicisme traditionaliste et nationaliste.
Stratégie de radicalisation : Civitas a évolué vers une radicalisation croissante, passant d’un discours traditionaliste à une rhétorique complotiste, anti-LGBT+, anti-immigration et anti-républicaine. Le mouvement a été décrit comme un "groupuscule d’extrême droite violent et raciste" par des responsables politiques et des chercheurs radiofrance.fr+1.
Actions et controverses
Manifestations et provocations : Civitas est connu pour ses actions coup de poing, comme la perturbation de pièces de théâtre jugées "blasphématoires", des manifestations contre l’avortement, le mariage pour tous, ou encore des rassemblements contre l’accueil de demandeurs d’asile. En 2023, des membres de Civitas ont menacé un concert du chanteur Bilal Hassani dans une église, conduisant à l’annulation de l’événement bfmtv.com.
Dissolution par l’État : En octobre 2023, le gouvernement français a officiellement dissous Civitas, en raison de ses "thèses clairement antisémites et islamophobes", de sa promotion d’une hiérarchie entre les citoyens français, et de son appel à "entrer en guerre contre la République". Cette dissolution a été justifiée par des propos tenus lors de son université d’été, où des intervenants ont tenu des discours antisémites et conspirationnistes euractiv.fr+1.
Conclusion
Civitas incarne une forme d’ultra-droite catholique, mêlant intégrisme religieux, nationalisme radical et références à l’extrême droite historique (Vichy, Action française). Bien que le mouvement se présente comme un défenseur de la "civilisation chrétienne", ses positions antisémites, islamophobes, anti-LGBT+ et anti-républicaines, ainsi que ses alliances avec des groupuscules d’extrême droite, en font un acteur clé de la mouvance radicale en France. Sa dissolution en 2023 marque une reconnaissance officielle de son caractère dangereux pour la cohésion nationale et les valeurs républicaines.