Les Zouaves Paris sont un collectif apparu dans les années 2010, se revendiquant comme un mouvement de "résistance identitaire" et de défense des "Français de souche". Ils sont particulièrement actifs dans la rue, lors de manifestations ou d’opérations coup de poing, et se distinguent par leur esthétique paramilitaire (masques, tenues noires, symboles provocateurs). Leur nom fait référence aux soldats français des colonies, mais leur idéologie est résolument tournée vers un nationalisme radical et une opposition frontale à l’immigration, à l’islam et aux mouvements de gauche.
Mis à jour le 17 avril 2026
Un groupe qui se présente comme un rempart contre l’"islamisation" et le "wokisme", mais dont les méthodes et les idées rappellent les pires heures des ligues d’extrême droite
Le cœur de l’idéologie des Zouaves repose sur une vision ethnocentrée de la France, où la nation serait menacée par un "remplacement" de sa population "autochtone" par des migrants, notamment musulmans. Leurs prises de position reposent sur plusieurs piliers controversés :
La théorie du "grand remplacement" comme fondement
Les Zouaves reprennent et amplifient la théorie complotiste du "grand remplacement", popularisée par Renaud Camus. Selon eux, la France serait victime d’une "invasion migratoire" organisée pour remplacer les Français "de souche". Cette idée, largement discréditée par les chercheurs, sert de justification à leurs actions violentes et à leur rhétorique xénophobe.
Une obsession anti-islam
Le collectif cible spécifiquement l’islam, qu’il présente comme une religion incompatible avec les valeurs françaises. Leurs opérations visent souvent des mosquées, des lieux de culte ou des symboles musulmans, avec des accusations de "séparatisme" ou de "communautarisme". Leurs discours contribuent à alimenter l’islamophobie et à stigmatiser l’ensemble des musulmans de France.
Un rejet violent de la gauche et de l’antiracisme
Les Zouaves considèrent les mouvements antiracistes, féministes ou LGBTQ+ comme des ennemis à abattre. Ils dénoncent le "wokisme" et l’"islamo-gauchisme", qu’ils accusent de vouloir détruire la France. Leurs actions ciblent régulièrement des militants, des associations ou des universités, qu’ils qualifient de "complices" de l’"invasion migratoire".
Les Zouaves ne se contentent pas de discours : ils agissent dans la rue, souvent de manière illégale et violente, avec une stratégie claire de provocation et d’intimidation.
Des opérations coup de poing et des violences physiques
Le collectif est connu pour ses "opérations" spectaculaires, comme des distributions de soupe au porc devant des mosquées (pour provoquer les musulmans), des tags racistes ou des affrontements avec des militants d’extrême gauche. Plusieurs de leurs membres ont été condamnés pour violences, dégradations ou incitation à la haine.
Les Zouaves cultivent une image de "soldats" en guerre contre l’"ennemi intérieur". Leurs membres portent des masques, des tenues noires et des symboles occultes, et communiquent de manière anonyme sur des réseaux cryptés. Cette opacité permet de dissimuler leurs liens avec d’autres groupes d’extrême droite et de protéger leurs membres des poursuites judiciaires.
Comme d’autres groupes radicaux, les Zouaves utilisent massivement les réseaux sociaux pour diffuser leurs idées, recruter et organiser leurs actions. Leurs vidéos, souvent montées de manière sensationnaliste, visent à choquer et à radicaliser un public jeune, en quête de sens et de virilité.
Les Zouaves ne sont pas un groupe isolé : ils s’inscrivent dans un écosystème plus large de l’extrême droite radicale, avec des connexions troubles et des inspirations idéologiques dangereuses.
Des proximités avec des groupes néonazis et identitaires
Plusieurs enquêtes journalistiques ont révélé des liens entre les Zouaves et des mouvements néonazis européens, comme Generation Identity ou des groupes suprémacistes blancs. Certains de leurs symboles ou slogans reprennent d’ailleurs des codes de l’extrême droite historique (croix celtiques, références à la Collaboration, etc.).
Une porosité avec le Rassemblement National et la droite radicale
Bien que le RN (Rassemblement National) tente de se distancier publiquement des Zouaves, leurs discours se recoupent sur de nombreux points (immigration, islam, laïcité). Certains membres des Zouaves ont d’ailleurs milité ou voté pour le RN, ce qui montre une convergence idéologique, même si le parti de Marine Le Pen évite de les soutenir ouvertement.
Une inspiration venue des milices d’extrême droite étrangères
Les Zouaves s’inspirent ouvertement de groupes comme les Proud Boys (États-Unis) ou Casapound (Italie), connus pour leur violence et leur radicalisme. Leur stratégie de "guerre culturelle" et leur esthétique paramilitaire en font un mouvement dangereux, capable de basculer dans le terrorisme d’extrême droite.
Au-delà de leurs actions violentes, les Zouaves représentent une menace plus large pour le vivre-ensemble et les valeurs républicaines.
Une banalisation de la violence politique
En multipliant les provocations et les agressions, les Zouaves contribuent à normaliser la violence comme mode d’expression politique. Leurs actions encouragent une radicalisation des deux côtés de l’échiquier politique, avec un risque accru d’affrontements dans la rue.
Une attaque contre les valeurs d’égalité et de fraternité
Leur discours ethnocentré et leur rejet des minorités s’opposent frontalement aux principes d’égalité et de fraternité de la République. En ciblant spécifiquement les musulmans, les migrants ou les militants antiracistes, ils sapent les fondements mêmes de la société française plurielle.
Un terreau fertile pour la radicalisation des jeunes
Les Zouaves ciblent particulièrement les jeunes en quête d’identité et de virilité, leur offrant un sentiment d’appartenance et de "mission" à travers des actions violentes. Leur rhétorique simpliste et manichéenne (les "bons Français" contre les "envahisseurs") séduit des individus en rupture sociale, au risque de les entraîner vers des formes plus extrêmes de radicalisation.